La question du vide dans l’image est toujours au centre du travail théorique et plastique de Gwenaël Porte. De manière générale, sa pratique artistique est une démarche spéculative visant à mettre au jour ce vide. Son travail mêle différents médium et trouve souvent sa source dans une histoire qu’il vient épuiser, évider grâce à différents dispositifs qu'il met en place, à la fois dans ses images mais aussi in-situ. Il s’agit, à chaque fois, de mettre en œuvre une sorte de matrice ou de sytème d’apparition des images qui se révelent finalement toujours instables, imparfaites, manquantes ou vides. D’autre part, le recours systématique au littéraire dans la fabrique de ses images et plus particulièrement de ce qui ne peut pas produire de l’image dans le littéraire lui permet de produire ce qui est de l’ordre de l’impossibilité de l’image.
Ce travail pose ainsi la question de la construction des images — qu’elles soient donc littéraires, photographiques ou cinématographiques. L'omniprésence des îles dans le travail de Gwenaël Porte renvoie à une histoire du désir amoureux puisque les îles sont, dans la littérature ou dans le cinéma, un topos du désir. La question du désir apparaît donc centrale dans son travail : qu’il s’agisse au fond du désir amoureux ou bien du désir de voir, il est confronté à une sorte d’impossibilité (un vide) qu’il s’agit pour lui de révéler. Ainsi, la surface des images s’avère toujours impénétrable : un lieu fondamentablement vide et impraticable
: une parodie selon Giorgio Agamben.